| | LES CHIENS DE GUERRE - John Irvin, Grande-Bretagne, 1980 | Jeu 3 Juil - 15:15 par Stelvio 71 | LES CHIENS DE GUERRE aka THE DOGS OF WAR
John Irvin, Grande-Bretagne, 1981, 1h42.
Avec Christopher Walken, Tom Berenger, Colin Blakely, Paul Freeman, Hugh Milliais, Jean-François Stévenin, Winston Ntshona.
Basé à New York, Jamie Shannon est un mercenaire. Il parcourt le monde de conflit en conflit, de barbouzerie en barbouzerie et se fait grassement payer pour cela. Il accepte de se rendre, pour le compte d’une grande compagnie britannique, au Zangaro, petit Etat d’Afrique de l’Ouest dirigé par un despote sanguinaire. Son but : sonder le terrain préalablement au renversement du dictateur en place et à son remplacement par un dirigeant fantoche à la solde de la grande entreprise susmentionnée…
Le film de mercenaires (contemporains, pas LES SEPT MERCENAIRES et ses dérivés, qui étaient des westerns…) eut son heure de gloire à partir du milieu des années soixante-dix. Ce sous-genre d’ascendance britannique eut pour "founding father" Andrew McLaglen, auteur des OIES SAUVAGES, œuvre emblématique et séminale. Le film de mercenaires a le mérite de désacraliser le pseudo-héroïsme des bidasses, ce travers qui rend bien des films de guerre absolument insupportables à regarder, en mettant en scène des protagonistes davantage mus par l’appât du gain que par un quelconque idéal, même si, comme l’on s’en doute, ce ne sont que rarement des grands humanistes.
Ces CHIENS DE GUERRE s’imposent comme un petit classique à réévaluer. Basé sur un roman de l’alors très bankable Frederick Forsyth, le film de l’Anglais John Irvin (CITY OF CRIME) a beaucoup de qualités, outre son script robuste et bien (co-)écrit (Michael Cimino est annoncé "uncredited" par imdb, je n’en sais pas plus) : un juste équilibre entre tension et action proprement dite, une description minutieuse de la préparation du raid (ailleurs souvent sacrifiée au profit de la baston), des décors exotiques bien choisis (censé se passer en Afrique de l’Ouest, LES CHIENS DE GUERRE ont été en partie tournés au Belize, l‘ex-Honduras britannique), une très belle photographie signée Jack Cardiff et surtout un casting remarquable. On reconnaît notamment un Tom Berenger juvénile et sévèrement burné à défaut d’être déjà passablement buriné, un Paul Freeman d’avant la gloire spielbergienne, ainsi que Jean-Pierre Kalfon et Jean-François Stévenin, subtilement utilisés pour leur "francité". Mais le film ne serait rien sans la prestation majuscule de Christopher Walken dans le rôle principal, impressionnant de présence et de justesse dans tous les registres requis. Pour Shannon, administrer la mort équivaut à sauver sa vie, et Walken donne la pleine mesure de ce funeste paradoxe tout au long du film. Stelvio


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